
Musique
Imany, la rage d’être soi
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Retrouvez tous les articles du dossier « En avant la musique », réalisé par Anne-Laure Lemancel, Guillaume Théchi et Catherine Portaluppi :
► Dans Canal n°341 (Novembre 2025)
► Dans la rubrique "Aller plus loin"
Auteure, compositrice, interprète et productrice, Imany a choisi le théâtre Mogador pour lancer officiellement son nouvel album, là-même où Saïm, son neveu pantinois, avait joué le rôle de Simba dans la comédie musicale Le Roi Lion, en 2023.
La colère libère
Son dernier opus, Women Deserve Rage, est en effet sorti vendredi 24 octobre, quatre ans après son précédent album. Au fil de 16 titres, la chanteuse évoque sa séparation et surtout sa colère, un droit fondamental, selon elle : « Le premier single, Mad, représente la colère qu’on nous refuse en tant que femme. Nous pouvons en effet ressentir ce sentiment face à l’incohérence des gens, du monde, de l’amour... Si on arrête de subir ce qui nous met en rage, on devient libre, on devient puissante. »
Difficile de catégoriser la musique d’Imany. Son groove teinté de folk et de blues ravit les amateurs de soul et bien plus encore. Après une carrière de mannequin, Nadia Mladjao, de son vrai nom, s’est lancée dans la musique en autodidacte. Depuis, la quadragénaire trace sa route sans trop écouter les qu’en-dira-t-on. Ainsi, son titre I am who I am représente bien plus qu’une chanson pour elle : « C’est une déclaration destinée à celles et ceux que l’on tente encore de réduire, de déformer, de faire taire ou qui refusent de rentrer dans la case prévue. Et si ça dérange, faudra faire avec », prévient, libre et solaire, celle qui suit de près l’éducation artistique de ses enfants, tous deux élèves au conservatoire Jacques-Higelin.
Une famille engagée
« J’aime l’aspect village et cosmopolite de Pantin. Beaucoup de personnes y sont de passage, la vie y est foisonnante, pleine d’énergie, toujours en mouvement », reprend Imany, arrivée dans le quartier de l’Église en 2011, avant de s’installer dans celui des Limites, non loin de sa mère et de ses sœurs, lesquelles sont très impliquées dans la vie associative locale.
Fatoumia et Aminata sont ainsi engagées au sein de l’Amytique qui permet aux adolescents de développer leur confiance en eux à travers l’art. Salmata a, de son côté, créé Le Réseau social, une structure qui aide les jeunes Pantinois à concrétiser des initiatives culturelles et solidaires. Imany, elle, se concentre sur la place des femmes dans la société. « Ouvrir des Maisons des femmes est une nécessité, un devoir. Derrière les initiatives visant à promouvoir l’égalité femmes-hommes, comme la féminisation des noms de rues, il y a un message fort : celui que les réussites sont collectives. Cela me paraît fondamental ! », insiste l’ambassadrice de l’association ENDOmind qui milite pour la reconnaissance de l’endométriose comme enjeu de société et de santé publique.
Et de conclure : « Il m’a fallu travailler dur pour en arriver là ! Tant mieux si je peux inspirer, mais je pense sincèrement que chacun de nous peut créer. Le piège serait d’associer la création à la réussite. Le succès, c’est le cadeau. C’est pareil dans tous les domaines… »
- Women Deserve Rage (16 titres, label Visa Rejected) : disponible à l’achat en CD (16,99 €) et en vinyle (23,99 €). Également disponible sur toutes les plateformes d’écoute.